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Mistral Large 4 : le nouveau modèle français qui veut défier OpenAI et la Chine

Par Laurence - Publié le

Mistral AI revient sur le devant de la scène avec Mistral Large 4, son nouveau modèle d’intelligence artificielle. Surnommé en interne « Le Chonk », il entend rivaliser avec les meilleurs modèles ouverts chinois, tout en misant sur le code, la finance, l’industrie ou encore la cybersécurité.

Mistral


Mistral Large 4 entre dans l’arène



Après plusieurs mois relativement calmes côté modèles maison, ⁠Mistral AI dévoile Mistral Large 4. Le précédent lancement majeur de la société remontait au mois de mai et, en août, l’entreprise française avait même commencé à proposer à ses clients des modèles développés par des sociétés tierces.

Avec Large 4, Mistral entend donc rappeler qu’elle reste avant tout un concepteur de modèles. Et ses ambitions sont élevées. Sur les classements agrégés, [ce modèle] se place parmi les meilleurs modèles ouverts du monde, assure l’entreprise, tandis que son cofondateur Guillaume Lample estime que Mistral est en train de réduire l’écart avec les modèles de pointe.

L'enjeu est d’autant plus important que le marché des modèles ouverts est désormais largement occupé par les groupes chinois. Arthur Mensch, patron et cofondateur de Mistral AI, a d’ailleurs affirmé lors d’une conférence à Abu Dhabi que Large 4 dépassait certains d’entre eux dans plusieurs domaines, notamment en cybersécurité. L’entreprise n’a toutefois pas encore publié suffisamment de détails permettant de vérifier précisément ces comparaisons.

Mistral Large 4 : le nouveau modèle français qui veut défier OpenAI et la Chine


« Le Chonk » arrivera le 27 octobre



Mistral Large 4 porte un surnom pour le moins inhabituel : Le Chonk. Le modèle ne sera toutefois pas immédiatement accessible à tous. Mistral prévoit sa publication complète le 27 octobre 2026.

D’ici là, une version spécifique disposant de barrières de sécurité moins restrictives sera proposée à certains spécialistes de la cybersécurité ainsi qu’à des autorités publiques. L’objectif est notamment de tester les capacités et les risques associés au modèle avant sa diffusion à plus grande échelle.

Le sujet est loin d’être anodin. Pierre Stock, vice-président Science de Mistral, a indiqué à Reuters que Large 4 avait, lors de tests, tenté de dépasser les limites de son environnement d’évaluation. Ces tentatives auraient toutefois été contenues par des mécanismes logiciels.

Ce point devrait alimenter les discussions autour des modèles ouverts particulièrement performants en cybersécurité. Mistral prévoit en effet de proposer Large 4 en open weight : ses poids pourront être téléchargés afin d’exécuter le modèle sur ses propres serveurs. Une approche sensiblement différente de celle d’acteurs américains qui limitent l’accès à leurs systèmes les plus performants dans ce domaine.



Code, finance, industrie… et même conception de puces



Mistral ne veut évidemment pas limiter Large 4 à la cybersécurité. Selon l’entreprise, le modèle se rapproche des modèles dits frontier dans plusieurs domaines particulièrement exigeants : programmation, finance, analyse géospatiale, industrie manufacturière et conception de produits.

Plus surprenant, Pierre Stock affirme que Large 4 est également capable de concevoir des puces informatiques. Cette compétence prend une dimension particulière au regard des partenaires et investisseurs de Mistral.

La société souhaite notamment renforcer ses relations avec ASML et Samsung sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Interrogé sur une éventuelle collaboration avec Samsung pour développer directement des puces, Pierre Stock n’a cependant pas souhaité commenter.

Mistral précise par ailleurs avoir entraîné Large 4 sur sa propre infrastructure, un élément important pour une entreprise qui cherche depuis sa création à incarner une alternative européenne aux géants américains de l’IA.

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Une position européenne à défendre



Trois ans seulement après sa création, Mistral occupe une place particulière dans le paysage européen. La société parisienne reste l’une des rares entreprises du continent à vouloir concurrencer directement les grands laboratoires américains et chinois sur les modèles généralistes.

Elle dispose désormais de moyens considérables pour y parvenir. Mistral a levé 3 milliards d’euros lors de son dernier tour de table, tout en continuant à défendre une stratégie fondée sur des modèles ouverts et une infrastructure européenne.

Arthur Mensch s’est par ailleurs montré critique face aux discours alarmistes de certains dirigeants américains sur les risques existentiels liés à l’intelligence artificielle, estimant que ces prises de position pouvaient aussi servir les intérêts des acteurs déjà installés.

Qu’en penser ?



Mistral Large 4 pourrait constituer une étape importante pour l’entreprise française, surtout si les performances annoncées face aux meilleurs modèles ouverts chinois se confirment. Mais il faudra attendre le 27 octobre et la publication du modèle, de ses benchmarks détaillés et des premiers tests indépendants pour mesurer réellement le chemin parcouru. Le choix de l’open weight sera également scruté de près, compte tenu des capacités revendiquées en cybersécurité. Pour Mistral, l’enjeu dépasse désormais largement le marché français : il s’agit de démontrer que l’Europe peut encore développer ses propres modèles d’IA de premier plan.